Porquerolles vers Minorque

150 nmi

H0, le bateau est prêt, la météo est revue, la route est tracée. On lève l'ancre d'ici 20 minutes… je n'aurai plus de réseau jusqu'à demain soir 👋

H1 : passage de la presqu’île du langoustier. Paré au changement de cap vers les baleares !

H2 : la navigation se poursuit à bonne allure.

Nous sommes au vent de travers, on a enlevé un ri à la grande voile au début car vent de 20 nœuds.

On maintien une bonne vitesse autour de 6 nœuds conforme à la prévision. Tout roule, enfin… 😁

H8 : on remonte actuellement le vent au pré serré aux capacités maximales du bateau.

Les voiles sont bordées au max pour maintenir 4.5 nœuds. On a un beau soleil pour ces premières heures de navigation.

H9 : ça y est le vent a tourné et on l’a en face du bateau.

On a allumé le moteur pour quelques heures. Tout se déroule comme planifié. Nous avons généré la route ce matin avant le départ avec les modèles météo à maille très fine (MF Arôme, MF Arpege, GFS 25, ECMWF 22) afin d’avoir les vents tout au long du parcours avec une bonne précision. Grâce à ça, on connaît les allures à l’avance ce qui permet d’anticiper la réduction ou l’augmentation de voilure.

On profite du moteur pour dessaleniser 5L d’eau permettant la vie à bord.

H12 : après les 12 premières heures de navigation, nous voilà reparti à la voile. Toujours au même cap, le vent a changé de bord. On est au travers face à la houle. La nuit va démarrer.

Le vent va forcir jusqu’à atteindre les 25 nœuds etablits. Seulement au petit matin le vent tournera à l’arrière et sera moins fort.

H13 : le vent forcit. Ça y est il atteint les 25 nœuds par moment. Nous avons déjà réduit la voilure pour faire face. H15 : il fait nuit, le vent pousse fort. Parfois des pointes à plus de 30 nœuds. Le pilote auto a du mal à maintenir le cap, nous devons passer en manuel. L’eau passe par dessus le pont, par dessus la casquette. Le bateau gîte fort dans les vagues. Le plus dur commence.

H18 : 2 heures du matin. Philippe me réveille car il a besoin d’aide pour réduire les voiles. La manœuvre nécessite d’être à deux. Le vent souffle en rafales avec des pointes frôlant les 38 nœuds. Le bateau est malmené sur la mer mais il tient bon. Ainsi que ses marins.

H20 : j’essaye de dormir dans le carré mais ça secoue fort. Parfois des objets tombent sur le coup d’une plus grosse rafale. Le bateau plonge quand il descend une vague, donnant une sensation d’apesenteur. J’entends le vent qui siffle dans le gréement, l’eau qui passe par dessus le pont. Le vent reste soutenu mais commence à baisser. Je me lève pour prendre mon quart.